
Newsletter #3
Edition Octobre 2026

Vie de LI France
La commission Recherche de
LI France : un espace d'élaboration au service de la thérapie LI-ICV
Que fait la Commission Recherche de LI France : ses missions, ce qu'elle a déjà accompli et demain ?
La recherche, une dynamique collective
La recherche est au cœur de la vitalité de l'association LI France. C'est pour nourrir et structurer cette dynamique que la commission Recherche de LI France s'est donné une mission claire : être un espace d'élaboration pour les projets de recherche futurs, un lieu où les professionnels peuvent trouver un soutien méthodologique, des échanges et des ressources.
La commission remplit plusieurs fonctions complémentaires :
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Accompagner les doctorants, les étudiants et les professionnels qui mènent des travaux de recherche, en leur offrant un espace de discussion et de soutien méthodologique ;
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Assurer une veille sur la recherche autour des sujets afférents à la thérapie LI-ICV : l'attachement, la psychothérapie informée par l'attachement, le trauma, la thérapie du trauma (TPV), entre autres ;
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Centraliser les informations relatives à la recherche en LI-ICV, pour que chacun puisse s'y retrouver et s'appuyer sur un socle commun.
Ce qui a été accompli en 2025
L'année 2025 a été riche et concrète, avec quatre réunions et plusieurs avancées :
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Centralisation des informations autour de la recherche en LI-ICV, poursuivie tout au long de l'année ;
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Mission « Résumés d'articles » : deux synthèses sur huit ont déjà été diffusées sur les réseaux de l'association, pour faire connaître les travaux scientifiques utiles à notre communauté ;
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Présence à la Conf'Sciences du 26 septembre 2025 sur le stand LI France, où les travaux de la commission ont été présentés ;
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Échanges et collaboration avec des doctorants, (phrase incomplète dans l'original)
Et demain ? Rejoignez-nous : la commission recherche son ou sa responsable !
Pour continuer à donner à ces projets l'ampleur qu'ils méritent, la commission Recherche est aujourd'hui à la recherche d'un ou d'une responsable.
Vous êtes sensible à la recherche, vous avez le goût de la coordination et l'envie de faire vivre un espace d'échange au service de la LI-ICV ? Cette mission est faite pour vous : animer les réunions, fédérer les énergies, tisser des liens avec les doctorants et les professionnels de la recherche, et porter des projets structurants pour l'association.
Curieux, curieuse, ou prêt·e à vous engager ? Contactez-nous pour en discuter : la commission a besoin de vous !
Laurence Lassau-Caussanel
Partage entre thérapeutes
L'hypoactivation en LI-ICV,
synthèse croisée de trois entretiens
Trois patientes en thérapie LI-ICV témoignent de leur vécu et vont nous permettre de mieux comprendre ce qu'elles perçoivent du processus thérapeutique, des changements éventuels, mais aussi des moments de doute, d'inconfort ou d'impression que rien ne bouge.

Il nous a semblé intéressant de recueillir le point de vue de patientes sur leur vécu de la thérapie LI-ICV. En tant que thérapeutes, nous disposons d'un regard clinique fondé sur ce que nous observons en séance, sur l'accordage avec les patients et sur ce que nous traversons nous-mêmes dans le processus thérapeutique. Mais ce regard ne reste-t-il pas partiel s'il n'est pas complété par l'expérience subjective des patient(e)s ?
Ces 3 témoignages, ceux de Dorothée, Céline et Valérie (tous les prénoms, lieux et autres éléments autobiographiques ont été modifiés pour respecter la confidentialité), ont pour objectif de mieux comprendre ce que ces patientes perçoivent du processus thérapeutique, des changements éventuels, mais aussi des moments de doute, d'inconfort ou d'impression que rien ne bouge. Ils sont particulièrement précieux pour les thérapeutes, qui peuvent parfois avoir du mal à repérer l'évolution en LI-ICV, notamment lorsque les patientes présentent un fonctionnement hypo, un faible accès aux sensations ou des effets peu visibles dans l'immédiat.
Ces témoignages permettent ainsi de rappeler que l'absence d'expression émotionnelle ou de ressenti, le silence ou une certaine lenteur dans le processus ne signifient pas nécessairement qu'il ne se passe rien. Ils nous invitent à porter attention aux moindres changements, même subtils, à la régulation progressive ainsi qu'à la manière dont la relation thérapeutique soutient ce processus.
Parcours thérapeutique et demande
Intervieweuse : Avant de commencer LI-ICV, aviez-vous déjà bénéficié d'un accompagnement thérapeutique ? Qu'est-ce qui vous a amenée à commencer une thérapie ? Quels étaient vos objectifs en début de thérapie ?
Dorothée : Liliane a été la première psychologue que j'ai rencontrée. C'était ma première démarche thérapeutique. Je suis venue consulter pour une situation familiale. Je souhaitais accepter mon schéma familial et faire le deuil de la famille que j'avais idéalisée. Je souhaitais aussi mieux reconnaître mes besoins et mes émotions, les comprendre et pouvoir les exprimer, et prendre davantage de distance dans certaines relations.
Céline : J'avais fait environ un an et demi d'analyse lorsque j'avais 20 ans. Ma démarche a commencé à la suite d'angoisses apparues pendant une année de formation réalisée dans le cadre de ma titularisation professionnelle. Je m'étais dit qu'une fois la formation terminée, il y avait des choses qui pouvaient s'apaiser avec le temps, ce qui a été le cas les premiers mois, et puis en fait ça a fait boomerang quelques mois après. J'ai expérimenté quelques séances d'hypnose à ce moment-là, et puis très vite j'ai consulté la psychologue qui est actuellement la mienne, qui pratiquait l'EMDR et la LI-ICV, et qui avait une approche aussi intégrative. Je savais déjà que ces angoisses pouvaient être en lien avec mon histoire et j'avais quelques hypothèses sur ce qui pouvait résonner dans le présent. Je voulais identifier ce qui provoquait mes angoisses afin de pouvoir les apaiser et ne plus avoir besoin de consulter. Mon objectif était de pouvoir partir sereinement au travail.
Valérie : Je suis allée voir ma thérapeute pour la première fois pour une autre technique. On a essayé plusieurs approches avant qu'elle me propose la LI-ICV. Je ne sais pas trop pourquoi, mais le moment m'a semblé être le bon et j'ai dit oui, on essaie. Il n'y a pas eu de déclic particulier : j'ai testé, j'ai vu que ça marchait, et on a continué.
J'ai commencé une thérapie quand j'ai appris que je ne pouvais pas avoir d'enfants, ou du moins pas les porter. Mon fils a aujourd'hui 21 ans, donc ça fait 25 ans que j'ai reçu cette nouvelle.
Quand j'ai commencé la LI-ICV, mon mari était encore vivant. La situation était très difficile, surtout avec mon fils aîné : j'étais au fond du trou, je ne tenais debout que par la volonté. Ma demande portait principalement sur les événements difficiles vécus avec lui.
Pourquoi la LI-ICV ?
Intervieweuse : Comment avez-vous découvert la LI-ICV, pourquoi avez-vous accepté d'essayer cette approche et qu'est-ce qui vous a donné envie de poursuivre ?
Dorothée : Au début, je ne connaissais pas la LI-ICV ; c'était la première fois que j'allais voir une psychologue. J'ai pris juste le nom d'une psychologue qui était proche de chez moi et disponible. Je ne connaissais pas du tout cette pratique et je ne savais même pas qu'il y avait différentes pratiques de consultation. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, je n'ai pas d'autres points de comparaison avec d'autres types de thérapies. Je me suis laissée guider par ma thérapeute parce que je lui faisais confiance. Elle m'a présenté cette approche et j'étais ouverte à ce qu'elle me proposait. Ce qui m'a permis de poursuivre, c'est notamment cette relation de confiance.
Céline : Je savais que la LI-ICV pouvait peut-être me correspondre. Une première psychologue me l'a proposée, mais je n'ai pas vraiment adhéré à cette expérience. Je pense que son manque d'expérience ne correspondait pas à mes besoins. J'ai ensuite consulté une thérapeute plus expérimentée, avec une approche intégrative, ce qui m'a davantage sécurisée. C'était important pour moi, surtout qu'elle soit bien formée : j'avais besoin de l'assise de quelqu'un qui avait quelques années de pratique.
Valérie : Je me suis laissée guider, j'avais besoin qu'on m'aide car j'étais à bout. J'ai ensuite constaté que cela fonctionnait pour moi, notamment à travers mes ressentis corporels, et cela m'a donné envie de continuer.
Durée et fréquence du suivi
Intervieweuse : Depuis combien de temps êtes-vous suivie en LI-ICV, à quelle fréquence et pour combien de séances environ ?
Dorothée : J'ai rencontré Liliane en octobre 2022 et j'ai commencé véritablement la thérapie en janvier ou février 2023. Nous nous voyons généralement toutes les deux semaines. Après le décès de mon père, les séances ont été rapprochées, parfois jusqu'à deux fois par semaine (pas de nombre précis de séances).
Céline : J'ai commencé avec ma thérapeute actuelle en septembre 2023. Le suivi dure depuis environ deux ans et demi, avec une pause de deux ou trois mois au début de l'année 2026. Nous nous voyons toutes les deux ou trois semaines et je dirais que nous avons réalisé au moins une vingtaine de séances.
Valérie : Je pense que ça doit faire au moins 3 ans, à raison d'une séance tous les 15 jours ou 3 semaines, et si on enlève les grandes vacances, je dirais donc une soixantaine de séances.
Apports et changements
Intervieweuse : Avec le recul, qu'est-ce que la LI-ICV vous a apporté et quels changements avez-vous observés ?
Dorothée : Je comprends et je reconnais mieux mes besoins et mes émotions, et je peux davantage les exprimer. Même dans mes relations familiales, j'arrive à prendre plus de distance. La LI-ICV m'aide, mais ce n'est pas toujours simple. Certains protocoles sont inconfortables et certaines séances peuvent être longues ou difficiles à suivre. Malgré cela, je me sens quand même plus apaisée depuis que je la vois. De manière générale, dans le fait déjà de comprendre ce que je peux ressentir, de pouvoir un petit peu plus l'exprimer aussi.
Le décès de mon papa a bousculé beaucoup de choses dans ma famille. Face à cette tragédie, on s'est tous réajustés, chacun à sa manière. C'est à partir de là, après son décès, que les choses ont évolué pour moi.
Mon papa est mort en décembre 2023, mais les premiers changements sont apparus en mars 2024. C'est à ce moment-là que j'ai réussi à dire certaines choses à ma mère, des choses que je n'aurais pas pu exprimer avant. Ça m'a rendue fière et ça m'a montré que j'en étais capable.
Céline : Quelque chose a changé : je dirais que je suis plus apaisée. Il y a eu une période où aller travailler était très compliqué pour moi, et la thérapie m'a permis de ne pas couler. J'ai senti que des choses avaient évolué, notamment sur ma capacité à être en « réaction ».
C'est une approche intéressante et pertinente, mais elle n'a pas été facile pour moi. Je ne comprenais pas toujours le sens du travail : j'avais l'impression de faire des lignes du temps, toujours les mêmes, et je ressortais toujours aussi angoissée. Parfois j'avais du mal à ressentir les effets, avec l'impression de revenir en arrière. Ma thérapeute m'a aussi fait des lignes du temps très spécifiques sur mon travail, de la formation jusqu'à aujourd'hui.
Ce qui m'a aidée, c'est l'alliance avec ma thérapeute : ses explications, et le fait qu'elle s'adapte beaucoup à mes besoins. La LI-ICV m'a apporté certains changements, mais elle n'a pas tout réglé, et l'EMDR a été nécessaire pour travailler d'autres aspects. Je ne dirais pas pour autant que tout est stabilisé : il reste des difficultés, et l'accès aux émotions demeure compliqué.
Valérie : Certaines séances étaient vraiment dures, à me rendre malade, mais après ce n'était plus pareil : il y avait une légèreté. Je me sentais soulagée, légère, différente.
Ce qui m'a le plus aidée, c'est que quand on travaille un événement, on a le sentiment qu'il est digéré, qu'il est passé, même si, là, maintenant, en en parlant, je sens que certaines choses reviennent, donc ce n'est peut-être pas complètement vrai. Mais je peux dire que les choses que j'ai travaillées sont remises à leur place, dans leur époque. Aujourd'hui, c'est du passé, ça ne fait plus partie des choses qui me pourrissent la vie.
Aspects positifs / difficultés de cette approche thérapeutique
Intervieweuse : Y a-t-il des protocoles ou des éléments de séance qui vous ont particulièrement aidée, ou au contraire qui vous ont mise en difficulté ?
Dorothée : Au début, elle faisait plutôt des protocoles où elle lisait la ligne du temps avec des bonds. Et après, sur les protocoles de base, je ne me sens pas du tout en difficulté. Il y a effectivement des séances, quand on fait tous les événements de chaque année, qui peuvent parfois être longues. Mais cela dépend aussi de ma fatigue ou de ma journée qui a précédé. Le travail dans lequel je reviens jouer dans une scène a été difficile pour moi (NDR : Protocole Standard), mais il apaise quelque chose sur le long terme. Certaines séances sont difficiles à suivre et peuvent être longues, surtout lorsqu'il y a beaucoup de souvenirs. Je ne suis pas toujours à l'aise avec ce qui est proposé en séance, notamment avec le travail utilisant le poupon. Je me laisse néanmoins guider parce que j'ai confiance en ma thérapeute. On fait un débrief sur comment je me suis sentie et les pensées que j'ai eues. Et quand il y a beaucoup de souvenirs, j'ai du mal à pouvoir lui donner des détails du cycle qui vient de s'écouler. C'est vraiment inconfortable, mais je le fais quand même. Je ne sais pas toujours immédiatement ce que la séance a produit et j'ai parfois besoin de laisser les choses décanter pendant 24 à 48 heures. Je n'ai pas décrit de manière précise des moments d'hypoactivation. Sur le moment, cela peut me brasser, mais je ressens ensuite un apaisement. Une fois, l'activation a duré plus longtemps et j'ai dû reprendre contact avec ma thérapeute pour faire une séance de stabilisation. Comme je lui fais confiance, je peux me laisser porter par ce qu'elle me propose, même lorsque ce n'est pas confortable. J'apprécie également les moments où elle m'explique certains concepts ou schématise les relations familiales, car cela m'aide à comprendre.
Céline : Les lignes du temps ciblées sur ma formation m'ont particulièrement aidée, tout comme le travail avec le poupon, qui a permis à certaines choses de bouger, même si le processus n'a pas toujours été facile.
Au début, ce n'était pas simple : j'avais l'impression de refaire toujours les mêmes lignes du temps, sans en comprendre le sens ni pourquoi il fallait répéter ou revenir sur les mêmes éléments. Parfois je ne ressentais aucun effet particulier, comme si rien ne se passait, et je me demandais ce que ce travail produisait réellement.
Il y a eu des moments où je passais brutalement de l'hypo à l'hyperactivation, sans juste milieu : soit trop, soit rien. Dans ces moments-là, j'entendais ce qui se disait, mais j'avais du mal à répondre et à rester connectée à ce qui se passait. Je percevais la présence d'émotions, parfois une pointe de colère, sans parvenir à les identifier ni à les nommer. En revanche, quand j'étais dans ma fenêtre de tolérance, je retrouvais beaucoup plus facilement le lien.
Après mes lignes du temps, il m'arrive encore d'avoir le regard qui se bloque et d'avoir du mal à regarder, mais aussi le corps complètement détendu, ce qui est très agréable. Progressivement, revenir dans le lien est devenu plus facile : mon regard se bloque moins, mon temps de latence pour répondre a diminué, et je me sens davantage connectée à mon corps. Les effets sont devenus plus nets quand le travail a ciblé des événements précis.
Cela dit, il m'arrive encore d'être en hypoactivation. Certaines séances me laissent encore inquiète, sans changement perceptible : les effets ne sont pas toujours immédiats, et je ressors parfois toujours aussi angoissée, avec du mal à percevoir un quelconque effet.
L'alliance thérapeutique compte énormément pour moi. Le fait que ma thérapeute m'explique ce qui se passait pendant les séances m'a permis de me sentir actrice du processus, notamment quand elle m'expliquait le fonctionnement hypoactif et ce qu'elle cherchait à travers la répétition des lignes du temps. Cela m'a aidée à mieux adhérer au travail. Elle adapte ses propositions à ce qu'elle perçoit de moi pendant la séance : il n'existe pas une façon unique de traverser une répétition, et elle peut me proposer différentes approches selon mon état du moment.
Sur le plan corporel, j'ai moins de réactions : l'inquiétude est toujours là, mais elle ne se disperse plus dans tout mon corps.
J'ai eu le sentiment, à un moment, de revenir en arrière et que certaines choses ne s'apaisaient pas suffisamment avec l'ICV. Nous avons donc mis l'ICV en pause pour quelques séances d'EMDR, qui ont apporté un apaisement corporel supplémentaire. L'inquiétude était toujours présente, mais moins envahissante et plus facile à stabiliser.
Valérie : Selon la façon dont se déroulaient les séances, c'est ma thérapeute qui ressentait certaines choses et me proposait, par exemple, de serrer quelque chose, de mettre un poids sur moi, ou de pousser un mur. Chaque proposition était adaptée au moment présent. Il existe différentes façons de traverser une répétition, mais aucune n'est meilleure qu'une autre ; je n'ai pas de préférence particulière pour l'une ou l'autre.
Aujourd'hui, avant chaque séance, je me prépare : ma tasse de thé, mon paquet de mouchoirs, mon huile essentielle.
Mes principales difficultés concernaient la construction de la ligne du temps. Je n'étais pas capable de dresser moi-même la liste des souvenirs ; j'ai transmis à ma thérapeute des documents qui lui ont permis de mieux comprendre ce que je pouvais vivre.
Certaines séances ont été vraiment dures, au point de me rendre malade, mais après, tout changeait : une légèreté s'installait. Je me sentais soulagée, légère, différente.
Je ne parle pas d'une absence totale de ressenti, au contraire : je pouvais ressentir beaucoup de choses dans mon corps. Simplement, je n'arrivais pas toujours à expliquer ce qui se passait pendant la séance. Les effets devenaient parfois plus clairs après coup, quand survenait cette sensation de soulagement et de légèreté : l'apaisement arrivait souvent après un moment difficile à traverser.
Changements observés par l'entourage
Intervieweuse : Votre entourage ou vos enfants ont-ils remarqué ou ressenti des changements chez vous ?
Dorothée : (Cette question n'a pas été abordée explicitement.) Il y a eu une évolution dans mes relations familiales, notamment le fait que j'arrive davantage à parler avec ma mère.
Valérie : Je n'ai pas reçu de retours directs de mon entourage. Mon mari s'est suicidé il y a deux ans et demi ; c'est compliqué, les retours, et avec mes 3 enfants, nous ne sommes pas encore prêts à parler de ces choses-là. Ils voient cependant lorsque je vais bien ou moins bien, et ils voient que j'avance. En ce moment, je me sens bien et ça, c'est quelque chose qui les porte, mais là, je ne peux pas avoir de retours de ce côté-là.
Recul et conseil
Intervieweuse : Avec le recul, comment évaluez-vous votre expérience de la LI-ICV et que diriez-vous à une personne qui hésite à commencer ?
Dorothée : La LI-ICV me convient : je trouve que ça fonctionne bien, même si ce n'est pas toujours simple. Certaines séances sont inconfortables, parfois difficiles à traverser, mais je constate que je suis plus apaisée et que je comprends mieux mes émotions.
Je conseillerais d'essayer, en choisissant un professionnel compétent avec qui une relation de confiance peut s'installer. Ça fonctionne bien, et j'ai d'ailleurs des amis qui ont entrepris des suivis psychologiques entre-temps ; c'est aussi quelque chose que je peux recommander autour de moi, dès lors qu'on a l'occasion de consulter un professionnel compétent.
Céline : La LI-ICV est une approche intéressante et pertinente, mais elle n'a pas tout réglé pour moi. J'ai connu des moments où je ne comprenais pas ce qui se passait, où je ne ressentais pas d'effet et où j'avais l'impression de revenir en arrière. Je conseillerais de choisir un thérapeute capable d'expliquer le processus, de s'adapter aux besoins de la personne et de proposer une autre approche lorsque cela est nécessaire.
Valérie : Je dirais : « Fonce ! ». J'en ai déjà parlé à plusieurs personnes. Quand elles me disent « c'est quoi ? », je leur envoie le lien du site de LI France et puis je leur dis « vas-y, teste ». La LI-ICV m'a permis de continuer à vivre et de dépasser des événements très difficiles. Cependant, je pense que les thérapies ne fonctionnent pas de la même manière pour tout le monde, ni à tous les moments de la vie : différentes approches conviennent à différentes personnes. Dans mon cas, je l'ai entreprise à un moment précis de ma vie, et peut-être que si je l'avais faite à 20 ans, ça n'aurait pas fonctionné.
Je ne saurais pas vraiment expliquer comment cette approche agit (je pense qu'elle agit sur la mémoire cellulaire), mais c'est quelque chose qu'il faut avant tout expérimenter.
Les trois entretiens montrent que la LI-ICV s'inscrit dans un processus proche d'un système complexe : les effets apparaissent parfois tardivement, de façon indirecte ou non linéaire. Ils se construisent progressivement, par ajustements successifs, dans l'interaction entre le corps, les émotions, la mémoire et la relation thérapeutique. Cela peut nous aider, nous, thérapeutes, à comprendre pourquoi, notamment chez les patientes en hypoactivation, l'évolution peut sembler très discrète alors même qu'un travail profond est en cours. Les patientes évoquent plusieurs expériences difficiles, notamment : l'impression que rien ne se passe ; la difficulté à comprendre le sens des répétitions ; l'absence et/ou la faible intensité des ressentis (moments d'hypoactivation et de déconnexion corporelle) ; l'inconfort après les séances ; la fatigue liée à certaines lignes du temps, alors qu'en réalité un travail se déploie en profondeur, souvent à travers le corps, la temporalité, la mise en sens et l'accordage thérapeutique.
Les témoignages recueillis montrent que le changement avec la thérapie LI-ICV chez les patientes en hypoactivation peut être particulièrement discret au début, ce qui demande aux thérapeutes de rester attentifs aux « micro-évolutions », de soutenir le cadre et de s'inscrire dans la durée. Cette dimension invite peut-être à ne pas confondre lenteur apparente et absence de transformation.
Ces récits rappellent combien il est important, pour nous, thérapeutes, de ne pas nous décourager face à l'apparente « immobilité ». L'hypoactivation ne doit pas être interprétée comme une absence d'effet. Au contraire, elle peut faire partie intégrante du processus, qui demande du temps, de la confiance, de la répétition et une grande stabilité de la relation thérapeutique.
Deborah Hamel, Laurence Lassau-Caussanel, Maryline Puyssegur, Pascale Rousvoal Molin
Partage entre thérapeutes
Retour sur le Campus DH
« Prendre soin du donneur de soin »
L'Institut Double Hélice a fêté ses 10 ans auprès des professionnels de la santé mentale et de la relation d'aide. Deborah Hamel y était et vous fait partager ses impressions.

10 années dédiées à transmettre des savoirs et à soutenir celles et ceux qui accompagnent le vivant dans toute sa complexité !
Pour célébrer cet anniversaire, l'Institut a tenu son 1er CAMPUS : un événement-formation immersif et expérientiel placé sous la thématique essentielle : « Prendre soin du donneur de soin ».
La venue exceptionnelle de Peggy Pace et son intervention lumineuse ont apporté une profondeur clinique inestimable à ces journées. Mesurer la portée de son travail et partager ce temps fort avec elle a rappelé à quel point le soin du trauma repose sur la présence et la sécurité partagée. On oublie trop souvent que, pour continuer à donner, soigner et écouter, le soignant doit lui-même être nourri, soutenu et accueilli.
Du fond du cœur, un grand merci à toute l'équipe de Double Hélice pour la tenue de ces trois journées d'une grande humanité.
Merci d'avoir créé cet espace d'écoute et de partage, permettant à chacun de se poser pour continuer à soigner avec cœur et empathie. L'accueil, la générosité et le partage ont fait de ce Campus un véritable cocon.
Trois jours pour se ressourcer, s'immerger dans les bulles de respiration, parenthèses salvatrices pour le corps et l'esprit.
Trois jours pour accueillir, s'interroger, se questionner sur soi à travers des conférences plénières et des ateliers, espaces incarnés par excellence.
Trois jours pour se relier : à nous-mêmes, aux autres, à nos histoires partagées dans la résonance, vibration essentielle au cœur de nos pratiques.
Trois jours pour se transformer, réguler, réaffirmer la nécessité de prendre soin de nous, soignants.
Nous tenons également à exprimer toute notre gratitude aux conférenciers pour leur expertise, la richesse et la finesse de leurs apports : Joanna Smith, Pascale Brillon, Andreea Gruev-Vintila, Susana Tereno, Ellert Nijenhuis, Cyril Tarquinio et Catherine Gueguen.
Merci aux animateurs d'ateliers pour l'authenticité de leurs transmissions.
Pouvoir déposer nos doutes, nos réflexions et nous interroger ensemble nous permet de rester des soignants vivants, ancrés et soutenus.
Deborah Hamel

Etat de la Recherche
Effets de la thérapie LI-ICV sur l'anxiété et la régulation émotionnelle
La Commission Recherche nous fait profiter du fruit de son travail et nous propose ici un résumé d'article scientifique sur les effets de la thérapie LI-ICV sur l'anxiété et la régulation émotionnelle : premiers éléments d'évaluation à partir d'une étude de cas pragmatique.
Cette étude vise à identifier, décrire et expliquer les processus de changement à partir de 6 thérapies terminées. Cet article présente l'étude de cas pragmatique d'Élise, 32 ans, qui présentait un trouble d'anxiété généralisée (TAG). Son objectif était « d'être moins anxieuse ». La thérapie d'Élise suit trois temps. La première phase est une phase de stabilisation et de désensibilisation de la mémoire traumatique. La deuxième est une phase de réorganisation du Soi et de consolidation. La troisième est une phase de réparation de l'attachement et de réappropriation de soi.
Méthodologie / Outils
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1 participante
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Suivi de 18 mois, 34 séances
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Mesures tous les 6 mois (T0 ; T1 ; T2 ; T3) avec : DERS-f, PSWQ, STAI
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Un entretien de suivi 6 mois après la fin de la thérapie
Mesures
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T0 : scores significativement élevés dans toutes les dimensions étudiées, sauf l'impulsivité.
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T1 : scores dans la moyenne du TAG.
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T2 : les scores continuent à baisser significativement.
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T3 : les scores diminuent encore.
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En fin de thérapie, scores dans la moyenne, voire dans la moyenne basse.
Résultats
Les scores de mesure de l'anxiété et de la régulation émotionnelle ont significativement baissé. Élise a pu garder une gestion de l'anxiété adaptée à sa vie actuelle, même lors d'un événement familial qui, auparavant, l'aurait beaucoup déstabilisée.
Limites et recommandations
Il est impossible de conclure à partir d'une seule étude de cas. Se pose la question de la position de clinicienne-chercheuse et de son impact sur la relation thérapeutique. Maintenir le sujet dans sa fenêtre de tolérance et prendre en compte son style d'attachement semble nécessaire.
La Commision Recherche
Culture LI-ICV
Autour de LI-ICV
Pour vous tenir au courant de l'actualité de LI-ICV ou bien chercher des idées de films, de podcasts, de lecture en lien avec la culture LI-ICV, c'est par ici.

Livres
La mia bella fuga, un voyage en LI-ICV, Catherine Lasserre – « Thérapeute en intégration du cycle de vie elle-même, Catherine Lasserre maîtrise parfaitement les protocoles et sait comment les utiliser au mieux. Elle partage ses propres vulnérabilités et explique pourquoi même les psychothérapeutes expérimentés devraient bénéficier d'une supervision et poursuivre leur propre thérapie. Je recommande ce livre à toute personne envisageant une thérapie d'intégration du cycle de vie, ainsi qu'aux thérapeutes confirmés. » Peggy Pace
Clément, Romain Lemire – C'est l'histoire d'une enfance heureuse, celle de Clément. Mais c'est aussi le récit d'un crime ordinaire et d'un silence assourdissant. De cette déchirure naît un sentiment de solitude au milieu des autres, de doute, d'errance, qui modifie sa perception du monde et son rapport à la vie.
Faire la peau, Louise Chennevière - ce roman décrit le trauma lié à la violence maternelle et la difficulté à en sortir. C'est le récit d'une enfance sous l'emprise maternelle, du désir sauvage de s'émanciper. Commence le récit d'une relation mère-fille, déconstruisant les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence.
10 films pour comprendre l'attachement, Lionel Souche et Joris Vergiat. Préface du Dr Michel Delage. Postface de la Pre Raphaële Miljkovitch. Et si l'on (re)découvrait l'attachement :
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La relation au cœur de la guérison, avec la comédie de science-fiction Lilo & Stitch
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Le croisement avec l'approche systémique, avec le drame L'Attachement
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Le caregiving et ses fonctions, avec le drame Pupille
Avant que la terre ne se referme, Delphine Berbinau – Dans ce récit, se superposent deux temps : l'instant présent du rituel funéraire et le passé fragmenté d'une enfance marquée par l'emprise et le secret. A travers ce cheminement qui attend la narratrice, une question reste en suspens : faut-il pardonner l'impardonnable ?
Ce que Cécile sait, journal de sortie d'inceste, Cécile Cée – BD – Cécile Cée raconte, dans une quête intime, sa sortie d'amnésie traumatique et réalise qu'elle a subi l'inceste. La culture de l'inceste est une histoire de domination ; des familles entières normalisent l'inceste par des mécanismes de silenciation inhérents à notre société.
Mémoires blessées : Trauma et reconstruction, Cyril Tarquinio, Marc-Antoine Deroubaix & Régis Hector – un roman graphique documentaire qui nous plonge dans les replis de la mémoire blessée. Quatre récits donnant chair aux blessures invisibles permettent de prendre conscience des mécanismes du traumatisme psychique qui entrent en jeu.
Evénements à venir
Regards croisés sur le psychotrauma – 20 et 21 octobre à Paris - Deux jours avec Deb Dana et Frank Anderson pour articuler Théorie Polyvagale, IFS et neurosciences. Evénement en présentiel et en visio. Pour en savoir plus, cliquez ici.
Colloque "Relier science et terrain pour mieux comprendre, accompagner et diagnostiquer", 19 novembre à Bordeaux - A travers des interventions pluridisciplinaires, la journée permettra d'explorer les liens entre recherche et clinique autour de thématiques majeures en psychiatrie : génétique, addictions, troubles dissociatifs, troubles de la personnalité, inégalités sociales de santé, etc. Pour en savoir plus, cliquez ici.

